Quelle entreprise libérée serez-vous ? par Yves Judic


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Quelle entreprise libérée serez-vous ? par Yves Judic

Entreprise libérée, entreprise humaniste, intelligence collective, intelligence collaborative… les appellations de manquent pas pour évoquer les innovations managériales vécues ou à vivre. En écoutant et en lisant les spécialistes, entrepreneurs et sociologues de l’entreprise, chacun s’accorde à reconnaître qu’un mouvement ample s’est amorcé, relatif au management des équipes notamment. Un MOOC dédié à l’innovation managériale propose un grand nombre de ressources en ce sens.

Ce qui est frappant, c’est le réflexe dogmatique des uns et des autres qui ne peuvent s’empêcher de donner « la marche à suivre pour… », « les étapes de la libération… », « la méthodologie pour réussir… ». Comme un réflexe, on ne peut s’empêcher d’édicter des règles, des principes pour atteindre tel ou tel objectif. En même temps, on peut comprendre qu’il faille, comme disent les rugbymen, assurer les fondamentaux pour construire le succès. Jean-François Zobrist, icône de l’entreprise libérée en France avec Favi, avait énoncé les siens : « L’homme est bon » et « L’amour du client ». Simple, clair… efficace.

« Il faut donc au leader un savant dosage d’audace et de sagesse »

 

Alors, bien sûr, quelques repères, quelques garde-fous sont bien utiles. Et parmi ceux-ci, le temps. En effet, l’entreprise libérée subissant le tourbillon des medias et le facteur d’accélération qui va avec, on pourrait presque imaginer un chef d’entreprise velléitaire se contentant d’appuyer sur le bouton « entreprise libérée » et voir, comme par la magie du génie, l’ensemble de ses collaborateurs se transformer en princesses et en princes…

Mais le génie n’est pas là. Il était peut-être en Bertrand Martin qui, il y a plus de trente ans déjà, a décidé d’oser la confiance (« Oser la confiance » est le titre du livre coécrit ensuite avec Bruno  Jarrosson et Vincent Lenhardt) avec la réussite qu’on lui connaît dans le redressement spectaculaire de la filiale moribonde du Groupe Sulzer. Bertrand Martin, avec des phrases simples a accompli des actes managériaux très forts. Par exemple, devant ses managers qui le pressaient de questions pour savoir ce qu’il allait faire pour remettre l’entreprise sur les rails, Bertrand Martin a d’abord dit « Je ne sais pas », entraînant du même coup le départ d’un certain nombre d’entre eux, ceux qui finalement n’étaient pas taillés pour l’aventure. Une première manière d’assainir les rangs à peu de frais et de soulager la charge financière.

Pour en revenir à l’entreprise libérée, il faut donc au leader un savant dosage d’audace et de sagesse pour initier la démarche. Et pour appréhender cette approche paradoxale, une posture faite de discernement, de congruence et de nuance. Du discernement pour séparer, distinguer ce qui est bon de ce qui est moins bon pour l’entreprise. De la congruence pour s’ajuster, chercher la conformité, trouver l’accord le plus parfait possible entre ce que l’on pense, ce que l’on dit, ce que l’on fait. De la nuance pour apprécier la sensibilité des êtres, la légèreté des choses.

A l’heure où il est tellement pratique de grossir les traits pour être bien certain que tout le monde les voit (et voit les mêmes !), il s’agirait donc d’avoir des qualités de dentellière pour imaginer, créer « son entreprise libérée », puis partager avec ses équipes afin de coconstruire une aventure durable à vivre ensemble. C’est de votre capacité à innover, à accepter la complexité, à donner du sens à votre action que vous façonnerez votre entreprise libérée. Unique, forcément.

Yves JUDIC

Consultant-partner de Moovone, retrouvez son profil complet ici.

Leslie Tedgui
leslie.tedgui@moovone.fr

Chief Marketing Officer

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