Organisation matricielle : comment manager et trouver sa place ?


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Organisation matricielle : comment manager et trouver sa place ?

Les bénéfices de l’organisation matricielle au sein de l’entreprise sont nombreux : la réactivité, l’autonomie, la flexibilité ou encore la productivité. Pourtant, cette organisation du travail n’est pas de tout repos pour les managers. Car vecteur de stress et de tensions, elle malmène le management tout en déstabilisant les collaborateurs. Dans ce contexte, comment les managers peuvent-ils reprendre la main ?   

Organisation matricielle, quèsaco ?

Dès son origine, à la fin des années 1950, l’organisation matricielle a eu la volonté de casser les silos. L’idée était de décentraliser l’entreprise pour une meilleure exploitation de ses ressources humaines et in fine, pour gagner en performance. Et ce, en partant notamment du principe suivant : les acteurs terrain sont parfois les mieux à même de juger la situation vécue et donc de prendre les décisions qui s’imposent pour le bien de l’entreprise, sans attendre le feu vert « d’en haut ».

Pour ce faire, l’organisation matricielle s’appuie sur une double hiérarchie : une responsabilité opérationnelle d’un côté et fonctionnelle de l’autre. Elle tranche ainsi avec le modèle traditionnel qui repose sur un fonctionnement hiérarchique unique.

Avec la mondialisation survenue au début des années 1990, l’organisation matricielle s’est largement répandue dans les firmes internationales qui y ont vu un moyen de développer leur flexibilité. Ce modèle s’est également révélé particulièrement adapté aux structures « en mode projets » qui disposent ainsi d’équipes pluridisciplinaires, modifiables au gré des dossiers menés.

Organisation matricielle ou la mélodie du bonheur

Par exemple, l’entreprise peut piocher des compétences diverses au sein d’équipes d’ores et déjà existantes afin de constituer un nouveau groupe de travail qui aura de nouveaux objectifs à atteindre. L’organisation matricielle reste plébiscitée, car elle permet une meilleure transversalité des compétences.

Les collaborateurs échangent davantage tant sur leurs connaissances et savoir-faire que leurs bonnes pratiques. Ensemble, ils trouvent des solutions nouvelles adaptées à leur fonctionnement afin d’être plus efficaces, réactifs, cohérents et performants. L’organisation matricielle favorise leur créativité comme leur prise d’initiative, et donc l’innovation au cœur de l’entreprise.

Zizanie et perte de repères pour le manager et ses équipes

Cette organisation, à première vue idéale, concentre pourtant les critiques négatives. L’un des points de cristallisation des tensions n’est autre que cette double hiérarchie qui contribue pourtant à son succès. Les collaborateurs n’ont pas un chef, mais plusieurs. Cela n’est pas sans poser problème, surtout si les modes de management n’ont pas été repensés.

Car dans les faits, la communication transversale n’est pas une mince affaire. Mal construite ou inexistante, elle génère des malentendus, des conflits, du stress, mais aussi du mal-être sur le lieu de travail. L’organisation matricielle qui doit faciliter la prise d’initiative et de décision participe, au contraire, à enrayer la machine.

En effet, il n’est pas rare que des responsables ne parvenant pas à se mettre d’accord freinent les processus. Étant donné que les managers encadrent les mêmes subordonnés, les contrordres tendent à se multiplier et à créer la zizanie. Les collaborateurs, troublés, ne savent plus à quel Saint se vouer. Les risques sont une perte de sens pour les salariés, accompagnée d’une hausse de leur désengagement.

Communiquer, l’atout maître du manager

Le manager se trouve devant un triple défi :

  • encadrer et gérer ses collaborateurs tout en créant de l’adhésion au projet commun.
  • Piloter des collaborateurs vis-à-vis desquels il n’a aucun pouvoir hiérarchique.
  • Et travailler de concert avec ses pairs, ce qui induit de s’entendre sur le chemin à emprunter.

Aussi motivé soit-il, le manager ne peut qu’échouer s’il est livré à lui-même. Il doit donc être accompagné pour apprendre et maîtriser les clés qui lui permettront de mener à bien ses missions. La formation et le coaching restent des formules éprouvées pour :

  • approfondir ses connaissances autour de la communication non violente (repérer les signes annonciateurs de conflits et désamorcer ces derniers le cas échéant),
  • améliorer sa capacité d’écoute et d’empathie,
  • ou bien pour développer un langage proactif destiné à enthousiasmer son entourage professionnel.

Pour relever son challenge, le manager n’a pas d’autre choix non plus que d’apprendre à s’organiser et à gérer les priorités. Déléguer devient une seconde nature. Dans le cas contraire, le manager risque de crouler sous les tâches et d’assister à toutes les réunions organisées dans le cadre du projet. Ce qui est à la fois un non-sens et une perte de temps.

Face à ses homologues, le manager doit être dans l’échange, certes. Mais il doit également être en capacité de s’affirmer et de prendre le lead avec pour objectif de faire progresser l’entreprise.

L’organisation matricielle est un modèle qui a fait ses preuves dans l’entreprise, en termes d’efficacité et de productivité. Cependant, la clé de la réussite ne se résume pas au modèle choisi. Le mode de management associé se révèle tout aussi important. Pour profiter des bénéfices réels de l’organisation matricielle, et ce, sur le long terme, il est primordial de s’assurer que les managers savent communiquer, gérer leurs émotions et qu’ils sont en capacité de prendre des décisions dans l’intérêt de l’entreprise.

Leslie Tedgui
leslie.tedgui@moovone.fr

Chief Marketing Officer

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