Organisation du travail : le manager face aux nouvelles pratiques de l’entreprise


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Organisation du travail : le manager face aux nouvelles pratiques de l’entreprise

Le monde professionnel évolue et avec lui les organisations du travail. Cela n’est pas sans conséquence pour les managers qui doivent s’adapter à de nouvelles pratiques au sein de configurations inédites. En effet, open space intelligents, travail à distance et équipes multiculturelles font désormais partie du quotidien des collaborateurs. Face à la diversité des situations d’emploi, il devient primordial de repenser le management.

L’open space : l’organisation dominante

Depuis ses premiers pas dans le monde de l’entreprise dans les années 1980, l’open space est resté le modèle dominant dans nos organisations, pour le meilleur et pour le pire. Si le décloisonnement des bureaux favorise le travail en équipe, il ne va pas automatiquement de pair avec le décloisonnement de l’entreprise qui, lui, améliore l’agilité et la performance. Aussi, les griefs des salariés à l’égard de cet environnement n’ont cessé de s’accumuler au fil des décennies. Tout d’abord, parce dans sa forme la plus brute, il oppresse. Le manager, n’étant plus dans sa tour de verre, évolue au milieu des salariés. Il n’a jamais été aussi simple pour lui d’exercer un contrôle permanent sur ses collaborateurs. Les employés pointent également du doigt le bruit et les discussions intempestives de leurs collègues générant difficultés de concentration et montée du stress.

Le retour en grâce de l’open space ?

Depuis quelques années, pour éviter le désengagement des collaborateurs et améliorer les performances, l’open space se transforme et devient intelligent. Selon que les travailleurs souhaitent s’isoler pour avancer au calme sur un dossier, brainstormer en petit comité, organiser une réunion ouverte au plus grand nombre ou recouvrer une certaine intimité, ils profitent désormais d’espaces aménagés dédiés à la production, la créativité, la détente, etc.

Dans ce nouveau contexte, accomplir ses tâches de manager est loin d’être une formalité. Ce dernier doit être d’une redoutable efficacité, savoir hiérarchiser les priorités et veiller à bien s’organiser. Il ne doit pas avoir peur de déléguer. Cela implique qu’il instaure un climat de confiance mutuelle entre lui et les membres de son équipe. Et qu’il parvienne à trouver les moments et les lieux adéquats pour féliciter ou recadrer ses collaborateurs. Responsabilisés et reconnus pour leur travail, ils n’en seront que plus motivés et acquis au projet commun.

Une organisation en constante évolution

Les pratiques de management doivent d’autant plus s’adapter que l’open space n’a pas fini d’évoluer, à l’image du phénomène grandissant des SBF, à savoir des Sans Bureau Fixe, ou de la pratique d’une activité sportive en travaillant. Chez SD Worx Belgique, les employés peuvent par exemple troquer leur chaise contre un vélo de bureau ! En effet, l’entreprise a acquis des « desk bikes » pour leur éviter de rester inactifs pendant de longues heures et favoriser ainsi leur bien-être. En tant que manager, quelle posture adopter pour aborder sérieusement les enjeux de l’entreprise devant un collaborateur en train de pédaler ?

Télétravail ou comment manager à distance ?

À côté de l’open space, d’autres formes d’organisation prennent de l’ampleur. C’est notamment le cas du télétravail. Moins de 20 % des actifs sont actuellement concernés. Mais d’après les estimations, ils pourraient être 50 % d’ici 2030. Le management n’a pas d’autre choix que de s’adapter, voire d’être repensé. Ce nouveau modèle repose sur deux axes fondamentaux que sont la confiance et l’autonomie. Sans ces piliers, le management à distance est voué à l’échec. Car en étant méfiant et suspicieux, le risque est de polluer la relation de travail, tant fonctionnelle que personnelle. Il convient donc de bien identifier les rôles des différents acteurs et d’harmoniser les pratiques.

Par exemple, le manager peut définir les outils les plus efficaces pour fluidifier la communication afin d’éviter qu’une incompréhension ne prenne des proportions démesurées et dégénère en conflit. Ou s’accorder sur un jour précis de la semaine pour faire un point téléphonique ou physique, contrastant ainsi avec les échanges habituellement brefs et souvent froids de la messagerie instantanée ou électronique. Malgré l’éloignement, le manager doit conserver son leadership pour favoriser la créativité de son équipe, sa capacité à innover et à adhérer au projet commun. Fédérer et engager restent son cœur de mission. Et ce, quel que soit le type de collaborateur flexible qu’il encadre (télétravailleur, salarié mobile ou en entreprise multisite), en France ou même à l’international.

Manager une équipe multiculturelle : un défi

En effet, la mondialisation s’accompagne d’un nouveau défi pour l’entreprise : celui de manager des équipes multiculturelles. Celles-ci peuvent être virtuelles lorsqu’il s’agit de composer avec différents collaborateurs internationaux répartis dans plusieurs pays. Qu’il coordonne à distance ou à proximité, le manager baigne dans des contextes socioculturels et linguistiques divers. Faire preuve d’ouverture d’esprit se révèle capital s’il veut mobiliser son équipe et atteindre les objectifs.

Bien plus que ses compétences techniques, il doit solliciter son intelligence émotionnelle en étant à l’écoute, voire dans l’empathie. Parce qu’il doit atteindre un niveau élevé de compréhension de ses collaborateurs, qui va au-delà du fait de parler la même langue. En effet, la culture regroupe un ensemble de valeurs qui diffèrent d’un pays à l’autre. Et c’est dans ce terreau que peuvent naître certains malentendus. Doit-on ou non montrer ses émotions ? Donner du rythme à son discours ou opter pour une tonalité neutre ? Évoquer sa vie privée ou s’en abstenir ? Pointer du doigt ou pas ? Le manager a la lourde tâche de créer un équilibre entre la culture locale, celle de ses collaborateurs et celle de l’entreprise. Cette dernière devant devenir la référence pour lisser les relations.

Le choc des générations au travail

Il en va de même lorsqu’il s’agit d’encadrer une équipe intergénérationnelle. Et pour cause, entre la génération Y et les Millennials qui aspirent à un équilibre constant entre vie privée et vie professionnelle, et des seniors parfois impatients (ou non) de quitter le monde du travail, on peut dire que le choc des cultures est bien réel. Comment les faire fonctionner ensemble ? D’autant plus qu’avec le vieillissement de la population et l’allongement de l’âge de la retraite, ces mondes que tout semble opposer vont devoir cohabiter encore un moment. Développer les compétences de ses collaborateurs à tous âges et encourager la transmission des savoirs apparaissent comme les nouveaux enjeux de l’entreprise. Atténuer le choc générationnel en améliorant les interactions serait profitable aussi bien pour l’engagement, la fidélisation des talents que pour la performance.

Avec ces nouvelles organisations de travail, le visage de l’entreprise se transforme. De nombreux changements attendent les salariés et les dirigeants. S’ils ne sont pas anticipés, ils créeront de sérieux dysfonctionnements. Il est encore temps de modifier ses pratiques pour permettre à l’entreprise d’aborder le plus sereinement possible ces évolutions inéluctables.

Leslie Tedgui
leslie.tedgui@moovone.fr

Chief Marketing Officer

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