Asseoir un leadership féminin dans un secteur masculin


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Asseoir un leadership féminin dans un secteur masculin

Dans les secteurs où les hommes sont surreprésentés, les effectifs féminins peuvent rencontrer des difficultés à s’affirmer et à leader. Aussi, les structures accompagnent de plus en plus leurs collaboratrices pour que celles-ci définissent leur projet professionnel, progressent au sein de l’entreprise et prennent confiance en elles. Casser les idées reçues reste également une étape incontournable à franchir pour permettre au leadership féminin de prendre ses quartiers dans l’entreprise.

 

Développer le leadership féminin malgré les stéréotypes

À l’issue du second tour des élections législatives, le 18 juin 2017, plus de 220 femmes ont remporté un siège de député. Elles représentent désormais 38,7 % des élus à l’Assemblée nationale, contre 26,9 % en 2012. Cette percée féminine, dans ce haut lieu du pouvoir ô combien masculin, se révèle être un symbole fort pour les femmes actives qui ambitionnent elles aussi d’imposer leur leadership dans des secteurs d’activité où les hommes restent surreprésentés.

En effet, dans le transport, la logistique, l’industrie, le BTP ou encore la sécurité, les femmes peinent à se faire une place. Dans le meilleur des cas, elles atteignent un peu plus de 20 % des effectifs globaux et leur accession à des postes d’encadrement, mais surtout de direction, reste complexe. Les stéréotypes ont la vie dure. Sauront-elles s’imposer au sein d’une équipe masculine ? Auront-elles suffisamment de caractère et de répondant ? Pourront-elles faire preuve d’autorité ?

Promouvoir l’égalité femme-homme en entreprise

Cependant, les mentalités évoluent dans le bon sens. La Fédération française du bâtiment milite activement pour « bâtir au féminin », quand la SNCF réalise des interventions aux collèges et aux lycées pour sensibiliser les jeunes filles à ses métiers. La société spécialiste des transports a également tissé des liens avec Elles bougent, une association qui lutte en faveur de la mixité dans les entreprises des secteurs industriels et technologiques. Parallèlement, la SNCF promeut l’égalité femme-homme au sein de l’entreprise et déploie des dispositifs pour augmenter son taux de féminisation. Et elle n’est pas la seule.

On voit naître, au sein des structures, de plus en plus de programmes pour accompagner les femmes dans leur carrière et les aider à définir leur projet professionnel. Les entreprises doivent valoriser ces actions auprès de leur personnel, afin qu’elles soient comprises et acceptées du plus grand nombre.

Accompagner pour gagner en leadership, un indispensable

Car ce type d’initiatives peut parfois être mal interprété par les collaborateurs, et aussi surprenant que cela puisse paraître, par les collaboratrices. D’après une étude réalisée par le cabinet de recrutement Hays, seulement 46 % des femmes accueillent favorablement la mise en place de programmes soutenant la diversité et l’inclusion au sein de l’entreprise, contre 48 % des hommes.

Pourquoi si peu d’enthousiasme de la part de la première population à faire les frais de discriminations sur le marché du travail ? Cela est dû en partie au fait que les femmes voient ces accompagnements comme une remise en cause de leurs compétences professionnelles. Pourtant, au contraire, il s’agit d’une reconnaissance de leurs capacités, l’objectif étant de les développer.

Leadership participatif vs leadership directif

Car pour parvenir à leader un groupe, notamment lorsque celui-ci est composé principalement d’hommes, il faut saisir en amont quelles sont les représentations de la femme dans nos sociétés. Comment est-elle perçue ? À quel point les injonctions sociales pèsent-elles sur elle ? Associée le plus souvent à la douceur, la discrétion, l’empathie ou encore l’écoute, la gent féminine serait encline à exercer un leadership participatif. L’autorité et la rigueur restant l’apanage de ces messieurs, eux se voient étiquetés d’un leadership directif.

Si les hommes sont invités à puiser dans leur intelligence émotionnelle pour créer du lien avec leurs équipes, les femmes, elles, sont taxées d’agressivité lorsqu’elles ont un management qualifié d’autoritaire. Elles peuvent alors être contestées et voir leur légitimité vacillée. Pour s’imposer dans un univers masculin, elles doivent davantage que les hommes jouer au funambule pour trouver le juste équilibre.

Casser les codes pour installer le leadership féminin

Avoir confiance en soi, faire preuve de sobriété, de modestie, de sérieux, tout en étant ferme et avec du caractère, voilà une équation qui paraît insoluble. Pourtant, devenir une collaboratrice épanouie, créative et qui montre la voie à suivre, cela s’apprend. Tout comme prendre la parole en réunion et savoir la garder face aux adeptes du « manterrupting », cette tendance qu’ont certains hommes à couper la parole aux femmes, aussi bien dans la sphère privée que professionnelle. Il faut que dans le même temps, l’entreprise contribue à casser les codes en sensibilisant le personnel aux questions de mixité. Afin que les salariés voient uniquement dans leur manager, quel que soit son genre, un leader capable de les motiver et de donner du sens à leurs actions.

Dans un univers majoritairement masculin, les femmes doivent avoir l’opportunité de communiquer sur leurs ambitions. Et un trop grand nombre d’entre elles continue de taire ses aspirations. Pour que les femmes cessent de s’auto-censurer dans le cadre de l’entreprise, elles doivent être accompagnées. Or, une part non négligeable de sociétés n’a pas encore mis en place de politique en faveur de la diversité et de l’inclusion. Les enjeux demeurent importants puisqu’il s’agit de rompre avec les stéréotypes de genre et permettre au leadership féminin de se développer.

Leslie Tedgui
leslie.tedgui@moovone.fr

Chief Marketing Officer

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